Quatre étoiles sur le maillot. Un palmarès parmi les plus prestigieux de la planète football. Et pourtant, depuis quelques années, l'Italie regarde la Coupe du Monde à la télévision, comme une simple spectatrice.
2018, 2022, et désormais 2026. Trois éditions de suite sans la Squadra Azzurra. Pour une nation de cette envergure, c'est tout simplement impensable.
Comment l'une des plus grandes sélections de l'histoire en est-elle arrivée là ? Retour sur la malédiction de l'Italie, ce géant du football absent de la Coupe du Monde 2026, et sur ce que cela change pour le tournoi.
Une nation de légende, quatre étoiles au maillot
Pour mesurer la chute, il faut d'abord rappeler les sommets.
L'Italie n'est pas n'importe quelle équipe. C'est l'une des nations les plus titrées de l'histoire de la Coupe du Monde, et elle a longtemps régné en maître sur le football mondial. Son palmarès force le respect.
- 1934 : premier sacre, à domicile.
- 1938 : doublé historique, juste avant la guerre.
- 1982 : le triomphe en Espagne, gravé dans les mémoires.
- 2006 : la dernière étoile, conquise en Allemagne.
Quatre étoiles brodées sur le maillot azur, qui font de la Squadra Azzurra une référence absolue, à égalité de prestige avec les plus grands. Seul le Brésil fait mieux.
Le football italien a tout donné au jeu. Une culture défensive légendaire, le fameux catenaccio, des gardiens et des défenseurs entrés dans la légende de ce sport.
À cette époque, affronter l'Italie était un cauchemar pour n'importe quel attaquant. La Nazionale a bâti sa réputation sur une rigueur et un sens du match que le monde entier lui enviait.
L'Italie, c'est un monument. Un pilier du football mondial depuis près d'un siècle. C'est précisément ce qui rend la suite si incompréhensible.
Voir un tel géant disparaître des radars du Mondial a quelque chose de vertigineux. Comme si une montagne s'était soudain effacée du paysage.
2018 : le séisme face à la Suède
Tout commence par une soirée que l'Italie n'oubliera jamais.
En novembre 2017, la Squadra joue sa qualification pour le Mondial 2018 lors d'un barrage décisif face à la Suède. Sur le papier, une formalité pour une nation de ce calibre.
Battue à l'aller, l'Italie ne parvient pas à renverser la situation au retour, malgré une domination stérile. Le verdict tombe, implacable. Elle est éliminée.
Pour la première fois depuis 1958, la sélection manque une Coupe du Monde. Un séisme national, vécu comme une véritable humiliation par tout un pays.
Les images du gardien Gianluigi Buffon en larmes, disant adieu à la sélection, font le tour du monde. La fin d'une époque, et le début d'un cauchemar.
Personne, alors, n'imagine que le pire est encore à venir.
Du jour au lendemain, l'Italie passe du statut de favori éternel à celui d'absente. Un choc dont le football transalpin mettra des années à se remettre.
2022 : l'incroyable échec face à la Macédoine du Nord
Quatre ans plus tard, l'histoire se répète. En pire.
En mars 2022, l'Italie aborde un nouveau barrage avec l'espoir de se racheter. Face à elle, un adversaire largement à sa portée sur le papier : la Macédoine du Nord.
Mais le football se moque parfois des hiérarchies. Dans les ultimes minutes, les Macédoniens inscrivent un but inattendu, et toute l'Italie s'écroule d'un coup.
Éliminée, encore. Deux Coupes du Monde manquées de suite, du jamais-vu pour la Squadra Azzurra.
Le plus fou dans cette histoire ? Quelques mois plus tôt seulement, l'Italie avait été sacrée championne d'Europe. Reine du continent, mais absente du Mondial.
Un paradoxe cruel, presque irréel, qui résume à lui seul toute cette période maudite.
Ce soir de Palerme restera comme l'un des plus noirs de l'histoire de la sélection. Une défaite qui dépasse le simple résultat et interroge tout un système.
2026 : la malédiction continue
Et si l'on espérait un retour, il faudra encore patienter.
L'édition 2026 devait être celle de la rédemption. Celle du grand retour de la Squadra Azzurra sur la scène mondiale, devant ses tifosi.
Il n'en sera rien. Pour la troisième fois consécutive, l'Italie ne disputera pas la Coupe du Monde. Une absence qui en dit long.
Trois fois de suite. Le mot n'est plus trop fort : on peut désormais parler d'une véritable malédiction pour le football italien.
Pour les supporters, la déception est immense. Voir le plus grand tournoi du monde se dérouler sans leur équipe est devenu une habitude amère, presque insupportable.
Comment une nation aussi glorieuse a-t-elle pu en arriver là ?
La question taraude les passionnés de football du monde entier. Car au-delà de l'Italie, c'est une part de l'âme de la Coupe du Monde qui s'éclipse.
Buffon et les héros d'une génération sacrifiée
Certaines absences font plus mal que d'autres. Celle de 2018 a privé des légendes d'un dernier tour de piste.
Gianluigi Buffon, gardien mythique et champion du monde 2006, espérait disputer une ultime Coupe du Monde. Le barrage face à la Suède a brisé ce rêve à jamais.
Avec lui, plusieurs cadres ont vu la porte du Mondial se refermer définitivement. Toute une génération de champions, privée du plus beau des adieux.
Ces images d'hommes en pleurs, ce soir-là, ont fait le tour de la planète. Elles disent à quel point l'enjeu dépassait le simple cadre sportif.
Même les plus grands ne sont pas à l'abri d'un coup du sort. Le football, parfois, écrit des fins terriblement cruelles.
Et l'Italie en a connu l'une des plus dures de son histoire.
Comment en est-on arrivé là ?
Derrière la malchance apparente, il y a des causes bien plus profondes.
La malédiction de l'Italie ne tient pas qu'au hasard. Elle traduit des difficultés réelles, accumulées au fil des années par le football transalpin.
Le renouvellement des générations s'est fait attendre. Les immenses champions d'hier n'ont pas toujours trouvé de successeurs au même niveau, notamment devant le but.
La formation, longtemps une grande force du pays, a connu un passage à vide. Le championnat a parfois tardé à mettre en avant ses jeunes talents locaux.
S'ajoute à cela un format de qualification européen impitoyable. Les barrages, à élimination directe sur un seul match, ne pardonnent pas la moindre erreur.
Un seul mauvais soir, et tout un cycle s'effondre. L'Italie en a fait l'amère expérience, deux fois plutôt qu'une.
Beaucoup pointent aussi une certaine usure du modèle. Là où d'autres nations se sont modernisées et ont misé sur la jeunesse, le football italien a parfois semblé en retard d'un train.
Le poids écrasant de l'histoire
Être l'Italie, c'est porter un héritage immense. Et cet héritage peut vite devenir un fardeau.
Chaque génération de la Squadra Azzurra est comparée aux glorieux aînés, aux champions de 1982 et de 2006. La barre est placée tout en haut.
Cette exigence permanente crée une pression que peu de sélections au monde connaissent. Le moindre échec y prend aussitôt des proportions énormes.
Manquer une Coupe du Monde, pour l'Italie, n'est pas un simple accident de parcours. C'est une blessure nationale, disséquée et débattue pendant des mois.
Reconstruire dans un tel climat demande du temps, de la sérénité et un projet clair. Trois choses difficiles à réunir sous une pression aussi forte.
Le talent n'a jamais vraiment manqué. C'est peut-être la patience qui a fait défaut.
Le paradoxe d'un géant endormi
Une équipe peut être au sommet et au fond du trou presque en même temps.
Le cas italien restera comme l'un des plus étranges du football moderne. Une énigme que les observateurs peinent encore à expliquer totalement.
Championne d'Europe en 2021, l'Italie a prouvé qu'elle possédait encore un immense potentiel. Du talent, un collectif soudé, une vraie identité de jeu.
Mais sur le rendez-vous le plus important de tous, celui de la Coupe du Monde, la mécanique s'est enrayée à répétition, au pire des moments.
C'est tout le paradoxe d'un géant endormi par moments, capable du meilleur comme du plus cruel des échecs.
La bonne nouvelle, pour les tifosi, c'est qu'une telle histoire finit toujours par s'inverser un jour.
Et si le football italien renaissait ?
Au milieu de la grisaille, quelques signaux invitent malgré tout à l'espoir.
Les clubs italiens ont retrouvé des couleurs sur la scène européenne ces dernières saisons. Une dynamique qui finit souvent par profiter à la sélection nationale.
De jeunes talents émergent, formés au pays, et frappent peu à peu à la porte de la Squadra Azzurra. La relève se prépare en coulisses.
Le savoir-faire tactique italien, lui, n'a jamais disparu. Il ne demande qu'à être réactivé par une nouvelle génération ambitieuse et libérée.
Le réveil n'est peut-être pas pour tout de suite. Mais il finira par arriver, comme toujours avec les grandes nations.
Car une chose est sûre : l'Italie a bien trop d'histoire pour rester éternellement dans l'ombre.
Ce que l'absence de l'Italie change pour le Mondial
Un tournoi sans la Squadra n'a pas tout à fait la même saveur.
L'absence d'une nation comme l'Italie laisse forcément un vide dans le paysage de la Coupe du Monde. Un grand habitué qui manque à l'appel.
On ne verra pas les fameux duels tactiques que la Squadra sait imposer, ni la ferveur si particulière des supporters italiens dans les tribunes.
Mais le football a horreur du vide. D'autres nations s'engouffrent dans la brèche, bien décidées à marquer l'histoire à leur tour.
Et le format à 48 équipes promet d'ouvrir la porte à de belles surprises et à de nouveaux visages.
2026, place aux autres nations
Si l'Italie n'est pas là, le spectacle, lui, sera bien au rendez-vous.
La Coupe du Monde 2026 réunira tout de même quarante-huit nations, réparties sur trois pays hôtes. De quoi vibrer tout un été durant.
Les favoris habituels seront présents, à commencer par les Bleus, que nous analysons en détail dans notre article sur les Bleus, favoris du Mondial 2026.
Pour découvrir toutes les sélections en lice, continent par continent, nous avons préparé un guide des nations de la Coupe du Monde 2026.
Et pour comprendre le format, le calendrier et les règles de cette édition élargie, direction notre guide complet de la Coupe du Monde 2026.
Comment vivre la Coupe du Monde 2026 sans la Squadra
Italie ou pas, la Coupe du Monde 2026 s'annonce grandiose. Et elle se vit toujours mieux aux couleurs de son équipe de cœur.
Que vous souteniez les Bleus ou une autre nation, retrouvez maillots, drapeaux et écharpes dans nos collections, à commencer par la collection France et tous nos maillots de supporter.
Quant à l'Italie, son retour n'est sans doute qu'une question de temps. Les géants finissent toujours par se réveiller.
En attendant ce grand retour, place à la fête. Un maillot sur le dos, un drapeau à la main, et le Mondial 2026 n'attend plus que vous pour vibrer.
Prochainement sur le blog : les plus grandes désillusions de l'histoire du Mondial, et notre pronostic des favoris pour 2026.